Ar c'hleuz. Poème Anjela Duval

Publié le par Secrétaire temporaire

Ar c'hleuz

 

Ur gridienn a red

Dre va c'hein spernennet

Sonnañ 'ra war va fenn

Va blevad drez luziet

Sonet eo va eur diwezhañ

Echu eo va reuz er bed-mañ

An douar a stroñs. Ar gwez a gren

Met petra 'welan ? N'eo ket an Ankoù !

Met un diaoul bras gant skilfoù

O tont d'am drailhañ, d'am dispenn

Ar bulldozer ruz gant e bal ramzel

D'am sebeliañ er fozell.

« A ! ra chomo merket dir da skilfoù

Gant gwad glan va gwrizioù,

Evel dorn ur bourev

Gant gwad ar merzher !

Endra nijo skañv va ene

En dumenn va foultrenn :

Koumoulenn douget gant an aezhenn

Uhel-uhel dreist ar roz,

War-zu... ur Baradoz :

Paradoz ar c'hleuzioù kozh... »

 

Anjela Duval, 25 a viz Meurzh 1963

 

 

Le talus

 

 

 

Un frisson court

 

Dans mon dos plein d'épines

 

Sur ma tête ma chevelure

 

De ronces se raidit

 

Ma dernière heure a sonné

 

Fini mon malheur en ce monde

 

Le sol bouge. Les arbres tremblent

 

Mais que vois-je ? Ce n'est pas la Mort !

 

C'est un grand diable armé de griffes

 

Qui s'en vient me hacher, me dépecer

 

Le bulldozer rouge à l'énorme pelle

 

Vient m'ensevelir dans la fosse.

 

« Ah ! que l'acier de tes griffes

 

Trempe dans le sang pur de mes racines

 

Ainsi que les mains du bourreau

 

Dans celui du martyr !

 

Tandis que mon âme flottera légère

 

Dans le duvet de ma poussière

 

Nuage porté par le souffle

 

Très haut par-dessus les collines,

 

Vers... un Paradis

 

Le Paradis des vieux talus... »

 

 

 

Traduction Paol Keineg

 

Publié dans CULTURE ET ECOLOGIE

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